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Wavre: le Contournement Nord de Wavre en question, parole d'une riveraine du Culot.

Par chercheinfo • infrastructures routières • Jeudi 20/09/2007

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Dans le cadre de la semaine de la mobilité, Inter-Environnement-Wallonie et le Comité de quartier contre le Contournement nord de avaient organisé conjointement une conférence sur les «Changements climatiques et mobilité».
Ce fut l'occasion de revenir sur le projet de contournement nord de dont on reparle régulièrement et qui n'est pas sans conséquences (négatives) sur les communes voisines. Comme le signalait un élu grézien, développer le zoning comme la ville de l'a fait sans tenir compte de la circulation afférente ou sans proposer des alternatives crédibles de transport en commun était faire preuve d'un manque de prévoyance. Il n'est pas normal que cette charge du développement soit reportée sur les communes avoisinantes.
Certains considèrent d'ailleurs que le budget prévu pour une telle infrastructure pourrait être consacré à d'autres politiques de déplacement.

Nous profitons de l'évènement pour présenter le texte d'un des membres du Comité de quartier contre le Contournement nord qui replace ce projet dans son contexte et développe les interrogations citoyennes à son sujet.

Voir également Contournement nord de Wavre: une alternative crédible. ou la rubrique Wavre: le contournement et la chaussée des Collines.

Si vous vous intéressez au contournement nord de , faites-vous connaître

 


 

Nous avons accepté, avec joie, l'invitation d'Inter-Environnement-Wallonie d'organiser cette conférence à , parce qu'elle était, pensions-nous, l'occasion de réouvrir le débat sur cette route qui apparaît souvent et à beaucoup comme inéluctable.

Nous voulons bien sûr rappeler les destructions qu'elle engendrerait : destruction d'une zone d'intérêt paysager, d'une zone ornithologique (zone Natura 2000), d'une zone d'intérêt historique (Villa romaine, le Culot), … et nous voulons rappeler le paysage qu'elle nous promet : béton, viaduc, , pollutions, embouteillages, soucis à Gastuche et sur la Chaussée de Louvain, etc. On traite souvent les riverains de NIMBY parce qu'ils ne s'occuperaient que de leur jardin. Mais lorsque l'on est si peu nombreux (une dizaine de maisons), "on ne fera pas le poids" pour défendre notre jardin.  Alors on utilise nos forces pour sensibiliser les gens aux horreurs qu'ils acceptent, parce que eux aussi ne défendent que leur jardin, en pensant que c'est loin de chez eux et que cela ne les concerne pas. Au final, nous ne serons pas les seuls à souffrir de cette route: c'est une destruction d'une zone de promenade prisée, de paix et de calme, une réserve d'oxygène et d'eau dont nous avons tous tant besoin.

Nous ne sommes pas spécialistes d'aménagement du territoire. Si on veut détruire ce à quoi nous tenons tant, nous avons besoin, en tant que citoyens, qu'on nous donne des preuves que cela sert bien l'intérêt général. Et, si nous continuons le combat, c'est bien parce que nous ne  voyons pas ces preuves.

Le Plan de Sécurité Routière réalisé en mars 2003-2004 pour , était basé sur un état des lieux du trafic. Il ne nous a pas convaincu que le trafic de transit venant du sud-est justifiait le CN pour désengorger le centre de . Ce sont les écoles et les commerces qui nous paraissaient clairement être les problèmes centraux de en terme de mobilité. La prolongation de la RN25 vers Bossut, contribue depuis peu, à réduire encore ce trafic de transit. De sorte que la thèse du "chaînon manquant" ne tient vraiment pas. Un simple citoyen peut remarquer que les voitures qui sortent vers 17h du zoning (et qui sont, à cette heure, peu scrupuleuses -et on peut les comprendre- d'emprunter des routes locales lorsqu'il s'agit d'éviter les bouchons), n'empruntent pas, massivement, la chaussée d'Ottenbourg et la rue du Tilleul, ni d'ailleurs la N4 pour descendre vers le sud de . Elles se jettent toutes sur la E411. Cela prouve bien que le trafic à gérer ne vient pas de l'axe zoning/Jodoigne et donc que le Contournement ne sera pas construit pour soulager un trafic de transit. Il sera construit pour faire face à la nature  tentaculaire, exponentielle du zoning, ce sera un contournement fait pour soulager l'autoroute, obligeant les automobilistes à faire 8 Km supplémentaires (la boucle du CN) parce que les voies directes seront bouchées !

Les citoyens ont à peine eu connaissance de la partie "diagnostic" de ce fameux PSR mais ils n'ont jamais pu discuter de sa partie "prospective". Et pour cause. Il faut se rappeler que pour bénéficier du budget prévu par le Ministre de la Mobilité, José Daras, pour réaliser des plans communaux de mobilité, la commune devait organiser une CCAT (Commission Consultative pour l'Aménagement du Territoire) qui suppose une concertation avec les habitants. Comme ne satisfaisait pas à ces conditions, c'est le Ministre de l'Intérieur, Charles Michel, qui a financé un plan sur mesure pour . Et, nous n'avons jamais eu de concertation. Dans son rapport final de mars 2004, Transitec, le bureau d'étude chargé du plan, évalue qu'il y aura, dans le zoning, par jour, entre 16.000 et 28.000 mouvements de voitures. Le contournement devrait, toujours selon cette étude, en capter de 12.000 à 15.000. Cela permettra, ajoute-t-il, de développer un schéma de développement multi-modal à , valoriser les alternatives à  la voiture et soulager le centre. Mais l'étude ne dit ni pourquoi ni comment. Et c'est ce qui nous rend dubitatifs. Tout d'abord, les voitures ne contourneront pas si facilement parce que cet itinéraire reste non "naturel" avec des nœuds à la chaussée de Louvain, puis dans le zoning, sur la RN257. Ensuite, les wavriens, eux, auront beaucoup de peine à rejoindre cette route puisque le seul accès intérieur sera la chaussée de Louvain déjà complètement saturée. Enfin, nous ne voyons pas comment, d'une façon générale, l'ouverture d'une route peut diminuer le trafic autoroutier. Et surtout, nous ne voyons pas pourquoi il faut attendre la création de cette route pour favoriser les moyens de transport alternatifs.

Nous pensons que c'est la logique du zoning qu'il faut remettre en question, et la manière dont il s'est implanté dès le départ, en dépit d'une étude d'incidence qui prévoyait déjà des problèmes de mobilité insurmontables. Nous sommes en Belgique et cela ne sert à rien de chercher du terrain "vierge" pour y implanter des usines, parce que le phénomène de saturation automobile se produit presque aussitôt et invariablement. La politique du fait accompli et de la gestion à la petite semaine nous semblent également intenables. Le contournement, est une "solution catastrophe" et en tant que telle ne solutionne rien du tout!

Un zoning, nous semble-t-il ne peut-être intéressant que dans la mesure où l'on peut profiter d'une certaine forme de mise en commun des infrastructures, par exemple le transport en commun. Le zoning ne serait-il pas plus viable si on le fermait carrément à la circulation en y organisant un système de navettes internes et de "parc and ride" ? Aujourd'hui, on en est loin. A l'intérieur du zoning, c'est l'anarchie! Les voitures toujours trop nombreuses, se garent n'importe où (sur les accotements, les pistes cyclables, …) où et on ne sait déjà plus traverser le zoning à certaines heures. Nous constatons avec effroi qu'il n'y a même pas de passage pour piétons au carrefour principal!

Dans ce combat où nous sommes un peu David contre Goliath, nous avons besoin de discours qui nous permettent de croire que la question du Contournement nord est encore en chantier, que les problèmes seront tous examinés et les solutions toutes envisagées, que les dés ne sont pas encore jetés et que les espoirs ne sont pas vaincs.

Je voudrais terminer mon intervention en disant que nous voulions profiter de l'occasion qui nous était donnée par Inter-Environnement pour avoir un véritable débat contradictoire sur ces questions. Nous avions donc invité un représentant du Collège échevinal (commanditaire de cette route), Mr Bastin, échevin de la mobilité de nous honorant de sa présence, un représentant de GSK (grosse entreprise pourvoyeuse d'emplois) et de l'IBW (qui gère le zoning Nord). Ces personnes n'ont pas désiré  intervenir à notre soirée. Or, s'il n'y a ni débat, ni , ni interlocuteur, on croit qu'il ne se passe rien, et il est très difficile de mobiliser les gens. En tout état de cause,  c'est bien dommage pour la démocratie !

Catherine BUHBINDER
Comité de Quartier du Culot, .

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